Siti Abbas Ali, contre les violences faites aux femmes

 

ZANZIBAR / Siti Abbas Ali, 33 ans, avocate au Ministère du Travail, est une habituée des stations de radio zanzibariennes : elle est à l’antenne chaque mardi et samedi, pour animer une émission visant à sensibiliser le public aux droits des femmes et la lutte contre les violences fondées sur le genre. Au cours de ces programmes, le public l’appelle pour obtenir des conseils, des informations et de l’aide sur des questions liées aux droits des femmes, allant des droits reproductifs à la législation du travail, en passant les droits à la propriété, le mariage précoce…

Siti Abbas Ali - © Romain Desclous / ActionAid

© Romain Desclous / ActionAid

Siti veut apprendre aux femmes ce qu’elles peuvent faire pour revendiquer ces droits et cesser d’être des victimes discriminées. Elle est fière que les gens la connaissent à travers ses apparitions télévisées ou à la radio : “Maintenant ils téléphonent avec des questions spécifiques”. Pour illustrer l’impact de tels programmes sur l’autonomisation des femmes, elle met en évidence le fait que, “avant, les femmes voulaient faire un prêt et donner l’argent à leur mari, pour que lui seul achète une propriété et en ait la possession. Aujourd’hui, je les encourage à acheter leur propriété elles-mêmes et à en être propriétaire”.
De la même façon, elle est fière que les gens suivent ses conseils et signalent des cas sur la violence faite aux femmes lorsqu’ils en sont témoins : “c’est frustrant de voir des cas de violence contre les femmes rejetés, car aucun témoin n’est venu, par peur ou, car la famille a décidé de s’arranger. Donc je le répète à la radio et à la télévision : les gens doivent signaler ces cas à la police, ils doivent témoigner. Je suis peut-être une petite partie de ceci, mais les gens signalent de plus en plus les cas de violence faite aux femmes et filles, menant à la conviction.

Son engagement contre les violences faites aux femmes n’est pas sans risques, puisqu’elle a reçu des menaces. “Certaines personnes me détestent”, dit Siti. “Ils se réfèrent à moi comme ‘la fille qui aime suivre les affaires’. Cela prend aussi beaucoup de mon temps d’aller aux postes de police et aux tribunaux, et je rentre parfois exténuée chez moi à la fin de la journée, mais je suis motivée.
Son conseil aux autres jeunes femmes qui voudraient suivre sa voie ? “Vous devez avoir une forte volonté et beaucoup d’énergie ! Vous devez apprendre autant que possible, en particulier sur la protection des femmes et enfants, et ensuite impliquer la communauté sur ce domaine afin de partager votre savoir et votre motivation pour les droits des femmes.

Siti elle-même a reçu des formations de ce type, fournies par ActionAid, en particulier sur le leadership des femmes.

Siti Abbas Ali est également membre de l’Association des femmes avocates de Zanzibar (ZAFELA), présidente de la “Zanzibar Youth for National Dialogue and Unity Organization“ (ZYNDUO), membre de la Coalition des genres du Zanzibar, de la “one-stop centre“ et de “ l’Unité Protectrice des Enfants“ au Ministère de la Protection Sociale.

 

Femmes en résistance en Tanzanie

Dans le cadre de l’exposition Femmes en résistance présentée à l’Alliance française de Dar es Salam, en Tanzanie, nous vous proposons de découvrir des “Tanzaniennes en résistance” mises en lumières aux côtés des photographies de Pierre-Yves Ginet.

Un feuilleton à suivre tout au long des trois semaines à venir. Ceci avant la prochaine étape de l’exposition, au Burundi, en mars prochain.